Loi Lagleize sur les terrains, comment ça fonctionne ?

Quelle est la nouvelle loi sur les terrains ?

La loi Lagleize repose sur une idée simple : vous devenez propriétaire de votre logement sans acheter le terrain sur lequel il est construit. Résultat, le prix d’achat chute de 20 à 40 %. Ce mécanisme, adopté en première lecture fin 2019, n’est pas encore en vigueur aujourd’hui, mais il alimente de nombreuses questions chez les futurs acquéreurs confrontés à la flambée des prix du foncier. Voici ce qu’il faut comprendre, sans détour.

🏠 L’essentiel à retenir

Loi Lagleize = propriétaire des murs, pas du sol
💰

Économie réelle sur le prix

Le coût d’acquisition baisse de 20 à 40 % grâce à l’exclusion du foncier.

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Bail foncier longue durée

Vous signez un bail de 18 à 99 ans avec la commune ou un organisme foncier.

Pas encore applicable

Le décret d’application n’a pas été publié. Seul le BRS fonctionne aujourd’hui.

À savoir : la loi Lagleize ne supprime pas la pleine propriété. Elle crée une option supplémentaire, accessible sans condition de ressources, là où le Bail Réel Solidaire impose des plafonds.

Pourquoi le prix des terrains rend l’achat inaccessible

Entre 2000 et 2018, le prix des terrains à bâtir a été multiplié par trois en France selon les Notaires de France. En fin de période récente, le prix moyen national atteignait 169 €/m², avec des écarts considérables selon les territoires : plus de 230 €/m² en Île-de-France, moins de 70 €/m² en Normandie. Et ce n’est pas près de s’inverser.

Le foncier représente aujourd’hui 31 % du prix global d’un achat immobilier, d’après une étude du ministère de la Transition écologique. Autrement dit, près d’un tiers de ce que vous payez ne correspond pas au logement lui-même, mais au sol sur lequel il repose. Dans les zones où la demande est forte, ce poids peut grimper bien au-delà.

La loi Climat Résilience aggrave la situation : elle impose de diviser par deux le rythme d’artificialisation des sols d’ici la prochaine décennie, avant d’atteindre le Zéro Artificialisation Nette à l’horizon 2050. Mécaniquement, moins de terrains constructibles disponibles signifie une pression à la hausse sur les prix. C’est précisément dans ce contexte que la proposition de loi Lagleize a été déposée en 2019 par deux députés, Jean-Luc Lagleize et Patrick Mignola, à la demande du gouvernement de l’époque.

Si vous cherchez à comprendre comment évolue le prix du foncier dans certaines régions, les disparités territoriales restent très marquées selon la localisation et la tension du marché local.

La loi Lagleize, comment ça fonctionne concrètement ?

Le principe de base tient en une phrase : vous achetez le bâtiment, pas le terrain. Cette dissociation entre le bâti et le foncier est au cœur du dispositif. Voici comment les deux composantes se répartissent et comment le mécanisme s’articule dans la pratique.

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Séparer le bâtiment du terrain

En droit français, un achat immobilier classique vous transfère la pleine propriété : vous devenez propriétaire du sol et de ce qui est construit dessus. La loi Lagleize introduit une troisième voie entre cette pleine propriété et la location pure. Le terrain reste détenu par une commune ou un Organisme Foncier Libre (OFL), une structure créée spécifiquement par ce dispositif pour porter et gérer le foncier sur le long terme.

Vous, vous achetez uniquement le logement. Cela réduit mécaniquement le prix d’acquisition, puisque la valeur du sol est retirée de la transaction. Ce modèle existe déjà en Allemagne et aux Pays-Bas, où il a démontré son efficacité pour maintenir des prix accessibles dans des zones sous tension.

La loi ne touche pas aux achats classiques. Si vous voulez acquérir terrain et bâtiment ensemble, rien ne change. Le dispositif Lagleize est une option, pas une obligation.

Le bail foncier en pratique, étape par étape

Terrain constructible avec fondations de logement neuf en copropriété

Le fonctionnement concret du dispositif suit une séquence précise. Voici les étapes qui structurent une acquisition dans ce cadre :

  • Une commune ou un OFL détient un terrain et décide de le conserver dans son patrimoine plutôt que de le vendre.
  • Un acquéreur achète uniquement le logement construit sur ce terrain, à un prix réduit du coût du foncier.
  • Il signe simultanément un bail foncier d’une durée comprise entre 18 et 99 ans avec la commune ou l’OFL.
  • En contrepartie, il verse chaque mois un loyer pour l’usage du terrain, dont le montant est encadré pour rester abordable.
  • Il dispose de tous les droits d’un propriétaire sur son logement : il peut y vivre, le louer, le revendre ou le transmettre à ses héritiers.

Le loyer mensuel est calculé selon la valeur du terrain et sa localisation. L’OFL fixe les conditions du bail pour maintenir un accès au logement à prix maîtrisé. Ce point distingue ce dispositif d’une simple location : vous êtes bien propriétaire de votre logement, avec un titre de propriété sur le bâti. La durée résiduelle du bail joue néanmoins un rôle dans la valorisation du bien au moment d’une éventuelle revente.

Ce que la loi Lagleize change pour votre achat

Comprendre le principe ne suffit pas : ce qui compte, c’est ce que ce dispositif implique réellement pour vous, à l’achat, pendant la détention et au moment de revendre. Les effets sont réels dans les deux sens.

Les avantages concrets pour l’acheteur

Le premier atout est évident : accéder à la propriété dans des zones où les prix rendent l’achat classique hors de portée. Une réduction de 20 à 40 % sur le prix d’acquisition représente, dans les grandes agglomérations, plusieurs dizaines de milliers d’euros d’économie immédiate.

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Ce dispositif s’adresse aux classes moyennes, souvent trop aisées pour le logement social mais trop contraintes financièrement pour acheter aux prix du marché libre. Aucun plafond de ressources n’est exigé, ce qui élargit significativement le public éligible par rapport aux dispositifs existants. La lutte contre la spéculation foncière est aussi un effet de bord concret : en maintenant le foncier hors du marché privé, les prix dans les zones concernées sont stabilisés sur le long terme.

Les limites à connaître avant de se décider

Le revers de la médaille mérite d’être examiné sérieusement. Plusieurs points restent à ce jour non résolus ou structurellement défavorables à l’acheteur.

  • La revente est plus complexe : votre bien ne comprend pas le terrain, ce qui réduit sa valorisation sur le marché secondaire. Plus la durée résiduelle du bail est courte, plus la décote est importante.
  • La fiscalité reste floue : la question d’une double taxation (loyer mensuel au titre du bail + taxe foncière sur le bâti) n’est pas encore tranchée. L’IFI devra également être adapté à ce nouveau type de détention.
  • Le financement bancaire est moins évident : les établissements prêteurs ne peuvent hypothéquer que le bâti, ce qui réduit la garantie proposée. Certaines banques devront créer de nouveaux produits de financement spécifiques à ce type d’acquisition.
  • Les situations familiales complexifient les choses : en cas de succession, de divorce ou d’indivision, les héritiers ou ex-conjoints se retrouvent avec un bien attaché à un bail foncier dont la gestion peut s’avérer délicate.

Il n’existe à ce jour aucune jurisprudence solide sur ces points. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles la mise en oeuvre du dispositif avance lentement.

Loi Lagleize ou Bail Réel Solidaire, lequel vous concerne ?

Le Bail Réel Solidaire (BRS) repose sur le même principe de dissociation bâti/foncier. Il précède la loi Lagleize et fonctionne déjà concrètement sur le terrain. Mais les deux dispositifs ne s’adressent pas au même public ni aux mêmes situations.

Bail Réel Solidaire (BRS) Loi Lagleize
Conditions de ressources Oui, plafonds CAF Non
Territoire Zones tendues uniquement Tout le territoire
Organisme gestionnaire OFS (solidaire) OFL (libre)
Statut actuel En vigueur Non applicable
Public cible Ménages modestes Classes moyennes

Si vos revenus vous excluent du BRS mais que les prix du marché restent hors de portée, la loi Lagleize est théoriquement faite pour vous. En attendant qu’elle entre en vigueur, le BRS reste la seule option opérationnelle si vous cherchez à acheter dans un marché sous tension sans supporter le coût plein du foncier.

La loi Lagleize est-elle applicable aujourd’hui ?

La réponse courte : non. La proposition de loi a été adoptée en première lecture par la Commission des affaires économiques en octobre 2019, mais le décret d’application n’a toujours pas été publié. Sans ce décret, aucune transaction ne peut s’appuyer sur ce cadre.

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Les structures nécessaires au fonctionnement du dispositif, notamment les Organismes Fonciers Libres et les observatoires fonciers locaux chargés de suivre les prix, ne sont pas encore opérationnels. Le gouvernement n’a communiqué aucune date officielle de mise en oeuvre.

Cette lenteur s’explique en partie par la complexité des questions non résolues : fiscalité de la dissociation, modèles de financement bancaire adaptés, gestion des situations familiales. Autant de chantiers qui nécessitent un travail réglementaire approfondi avant toute application.

La pression devrait s’accentuer à mesure que les objectifs de Zéro Artificialisation Nette réduisent l’offre de terrains constructibles. Pour les communes qui cherchent à maintenir une offre de logements accessibles sans vendre leur foncier, un dispositif comme celui-là présente un intérêt politique et urbain réel. Reste à savoir si et quand la volonté politique suivra. En attendant, si vous souhaitez comprendre vos droits face à un terrain qui a perdu sa constructibilité, la question de l’indemnisation en cas de déclassement foncier mérite d’être posée séparément.

Questions fréquentes sur la loi Lagleize

Quelles sont les nouvelles lois pour les propriétaires de terrains ?

La loi Lagleize est la principale réforme foncière en discussion, mais elle n’est pas encore applicable. Le Bail Réel Solidaire (BRS) est le seul dispositif de dissociation bâti/foncier opérationnel aujourd’hui, réservé aux ménages sous conditions de ressources dans les zones tendues. Pour les propriétaires de terrains existants, aucune nouvelle obligation légale majeure n’est entrée en vigueur récemment au niveau national.

Qu’est-ce que la loi trentenaire pour les terrains ?

Cette expression n’a pas d’existence légale officielle. Elle est parfois utilisée comme raccourci pour désigner la loi Lagleize et son mécanisme de bail foncier longue durée, dont la durée maximale est de 99 ans. Il ne s’agit pas d’une loi distincte, mais d’une simplification populaire du dispositif de dissociation entre la propriété du bâtiment et celle du sol.

Qu’est-ce qui change concrètement pour les futurs acquéreurs ?

Tant que le décret d’application n’est pas publié, rien ne change en pratique. Si la loi entre un jour en vigueur, les futurs acheteurs de logements neufs en copropriété dans les zones concernées pourront choisir d’acquérir uniquement le bâti à prix réduit, en contrepartie d’un loyer mensuel versé à la commune ou à l’OFL pour l’usage du terrain. La pleine propriété restera possible pour ceux qui la préfèrent.

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Bertrand Franconni

Je m’appelle Bertrand Franconni. Tout a commencé avec un premier appartement trop cher, trop vieux… et plein de défauts. Par manque de budget, j’ai appris à faire les travaux moi-même, puis à calculer, négocier, optimiser. De fil en aiguille, l’achat-revente est devenu une évidence. Ce blog est né pour partager ces erreurs fondatrices, les bons choix et une vision pragmatique de l’investissement immobilier, les mains dans le réel.

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