Pour financer la construction d’une maison neuve, plusieurs dispositifs coexistent : le Prêt à Taux Zéro (PTZ), le Prêt Accession Sociale (PAS), le Prêt Conventionné (PC), le Prêt Action Logement, les prêts épargne logement, une exonération de taxe foncière et des aides locales propres à chaque territoire. La majorité de ces aides sont cumulables, ce qui permet d’optimiser chaque euro de votre plan de financement.
| Aide | Pour qui | Montant indicatif |
|---|---|---|
| Prêt à Taux Zéro (PTZ) | Primo-accédants, sous conditions de ressources | Jusqu’à 50 % du coût plafonné |
| Prêt Accession Sociale (PAS) | Sous conditions de ressources | Jusqu’à 100 % du coût de l’opération |
| Prêt Conventionné (PC) | Tous profils, sans conditions de ressources | Variable selon la banque |
| Prêt Action Logement | Salariés du privé (entreprise de 10 salariés minimum) | Jusqu’à 30 000 € |
| PEL / CEL | Titulaires d’un plan ou compte épargne logement | Jusqu’à 92 000 € (PEL) |
| Exonération taxe foncière | Toute construction neuve | 2 ans (jusqu’à 5 ans pour BBC) |
| TVA réduite | Travaux réalisés après 2 ans d’achèvement | 10 % ou 5,5 % selon les travaux |
| Aides locales | Variable selon la commune ou le département | Quelques centaines à 30 000 € |
💡 Ce qu’il faut retenir
Le PTZ, l’aide phare pour construire sa maison
Le Prêt à Taux Zéro est le levier financier le plus accessible pour un primo-accédant qui fait construire. Accordé par l’État via des banques partenaires, il ne génère aucun intérêt, aucun frais de dossier et aucun intérêt intercalaire. Résultat : à mensualités égales, votre capacité d’emprunt augmente d’environ 10 %. Il vient en complément d’un prêt principal, car il ne couvre jamais la totalité du projet. Le logement doit devenir votre résidence principale dans l’année suivant la livraison, et le rester au moins 6 ans.
Qui peut en bénéficier
Le PTZ est réservé aux primo-accédants, soit les personnes n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale dans les 2 ans précédant la demande. Trois situations permettent d’y accéder sans remplir cette condition :
- Être titulaire de la carte d’invalidité
- Percevoir l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) ou l’AAEH
- Avoir subi une catastrophe rendant le logement précédent inhabitable
Vos revenus et la localisation du projet déterminent également votre éligibilité. Voici quelques exemples de plafonds :
| Zone | Composition du foyer | Revenu maximum |
|---|---|---|
| B1 | Couple + 2 enfants | 72 450 € |
| A | Parent isolé + 1 enfant | 73 500 € |
| A | 8 personnes ou plus | 118 400 € |
Combien peut-on emprunter
Le montant du PTZ représente entre 20 % et 50 % du coût plafonné de l’opération selon vos revenus et la zone. Pour un projet à 200 000 € en zone B1, le PTZ peut atteindre 80 000 €. La durée de remboursement s’étale de 12 à 25 ans : plus vos revenus sont confortables, plus le remboursement est rapide. Faites une simulation gratuite sur service-public.fr avant d’aller en banque.
Le PAS et le Prêt Conventionné valent-ils le coup ?
Ces deux prêts réglementés par l’État jouent un rôle différent selon votre situation financière. L’un cible les ménages modestes, l’autre s’ouvre à tous les profils. Tous deux peuvent constituer le prêt principal qui complète votre PTZ.
Le Prêt Accession Sociale
Le Prêt Accession Sociale (PAS) s’adresse aux foyers qui respectent les mêmes plafonds de ressources que le PTZ. Il peut couvrir jusqu’à 100 % du coût total du projet, terrain compris. Les frais de dossier sont plafonnés à 500 € et les frais de notaire sont réduits. À Paris, un foyer de 4 personnes y est éligible jusqu’à 74 000 € de revenus annuels.
Deux contraintes à bien anticiper :
- Le PAS est incompatible avec un prêt bancaire classique en complément
- L’APL accession a été supprimée pour les constructions neuves depuis janvier 2020
Les taux sont encadrés par l’État : de 2,75 % pour les emprunts inférieurs à 12 ans jusqu’à 3,20 % au-delà de 20 ans.
Le Prêt Conventionné
Le Prêt Conventionné (PC) se distingue par l’absence totale de conditions de ressources. Tout ménage peut en bénéficier, quelle que soit sa situation. Il est remboursable avec intérêts, mais il ouvre droit aux APL propriétaire si le logement est votre résidence principale et qu’il s’agit d’un premier achat. Concrètement, une mensualité de 850 € réduite de 250 € d’APL revient à 600 € nets par mois, ce qui peut alléger significativement le budget au quotidien.
Le Prêt Action Logement et le PEL complètent-ils vraiment le financement ?
Ces deux dispositifs restent peu utilisés, souvent par méconnaissance. Ils peuvent pourtant représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros supplémentaires selon votre profil.
Le Prêt Action Logement est accessible aux salariés d’une entreprise privée non agricole d’au moins 10 salariés. Il propose un taux à 1 % hors assurance, plafonné à 30 000 € sur 25 ans. Pour en bénéficier, vous ne devez pas avoir été propriétaire dans les 10 dernières années, respecter les plafonds de ressources et construire un logement conforme à la norme RE 2020. Les salariés agricoles peuvent quant à eux accéder au Prêt Agri-Accession, qui monte jusqu’à 40 000 €.
Ce prêt n’est pas automatique : chaque entreprise dispose d’un contingent annuel limité, attribué selon des critères internes. Faites votre demande auprès des ressources humaines dès que votre projet est enclenché.
Le Plan Épargne Logement (PEL) permet d’emprunter jusqu’à 92 000 € à 1 % après 4 ans d’épargne. Le Compte Épargne Logement (CEL) offre jusqu’à 23 000 € à 0,25 %. Ces produits sont utiles si l’épargne est déjà constituée, mais peu pertinents à ouvrir spécifiquement pour un projet neuf au vu des taux actuels.
Taxe foncière et TVA réduite, les avantages fiscaux à ne pas rater
Ces deux leviers sont souvent négligés alors qu’ils représentent des économies réelles sur plusieurs années.
Toute maison neuve bénéficie d’une exonération de taxe foncière pendant 2 ans à partir de l’année suivant l’achèvement. Attention : elle n’est pas automatique. Vous devez déposer le formulaire H1 (référence 6650) auprès du Centre des Finances Publiques dans les 90 jours suivant la fin des travaux. Si votre construction est labellisée BBC (Bâtiment Basse Consommation), cette exonération peut être prolongée jusqu’à 5 ans, à hauteur de 50 % à 100 % selon la délibération de votre commune.
La TVA réduite fonctionne sur un principe simple : pendant la construction, tout est taxé à 20 %. Passé le cap des 2 ans après la livraison, certains travaux bénéficient de taux allégés :
- 10 % pour la cuisine équipée, la salle de bain, la terrasse, le portail ou la clôture
- 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique : pompe à chaleur, isolation, chaudière à condensation
Un mur de clôture à 15 000 € HT représente 18 000 € TTC à 20 %, contre 16 500 € TTC à 10 % deux ans plus tard. Sur l’ensemble des aménagements que vous pouvez reporter, le gain global peut rapidement dépasser plusieurs milliers d’euros.
Les aides de votre commune, comment les trouver
Les collectivités locales, qu’il s’agisse de communes, d’intercommunalités, de départements ou de régions, peuvent proposer des prêts bonifiés, des subventions ou des primes à l’accession. Ces dispositifs varient considérablement d’un territoire à l’autre et restent souvent ignorés des futurs propriétaires.
La question des « 400 € de la mairie » revient fréquemment : il n’existe aucune aide nationale à ce montant fixe. Ce chiffre renvoie à des dispositifs locaux très variables, qui peuvent parfois atteindre des sommes bien plus importantes.
Le Passeport Accession, accessible via l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement), est réservé aux primo-accédants éligibles au PTZ. Il garantit une aide minimum de 3 000 € selon les communes, mais doit être demandé avant la signature du contrat de construction. L’agglomération de Toulon, par exemple, propose un PTZ local jusqu’à 30 000 €, tandis que la Communauté du Pays d’Aix accorde des subventions directes aux primo-accédants.
Pour recenser les dispositifs disponibles dans votre secteur :
- anil.org : annuaire annuel des aides locales par territoire
- Simul’Aid€s : outil de l’État couvrant plusieurs régions dont Grand Est, Normandie et Occitanie
- faire.fr : portail dédié aux aides à la construction performante
- Votre mairie ou service d’urbanisme directement


