Vous quittez votre logement et vous vous demandez qui doit payer le ramonage de la cheminée ? C’est vous, le locataire sortant, qui devez payer et fournir une attestation lors de l’état des lieux. Cette obligation légale s’applique même si vous n’avez jamais utilisé la cheminée. Sans cette attestation, vous risquez une retenue sur votre dépôt de garantie.
| Situation | Qui paie ? | Base légale |
|---|---|---|
| Pendant la location | Locataire | Article 7 loi 1989 + décret 87-712 |
| Première mise en location | Propriétaire | Article 6 loi 1989 |
| Entre deux locataires | Propriétaire (puis récupération possible) | Obligation de bon état |
| Travaux de réparation | Propriétaire | Distinction entretien/réparation |
📋 L’essentiel à retenir
- Le locataire doit obligatoirement ramoner avant son départ et présenter une attestation récente
- Le coût moyen se situe entre 50 et 120 euros selon la région
- Sans attestation, vous risquez une retenue sur caution et une amende jusqu’à 450 euros
- Planifiez l’intervention environ 1 mois avant votre départ pour éviter les complications
- Seul un professionnel certifié peut délivrer une attestation valable pour l’assurance
Qui paie le ramonage lors d’un départ de location ?
La question revient systématiquement lors de chaque déménagement. La réponse peut sembler injuste si vous n’avez jamais allumé votre cheminée, mais la loi est claire sur ce point.
Le locataire paie dans la majorité des cas
Le ramonage est à la charge du locataire pendant toute la durée du bail. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 classe cette prestation parmi les charges d’entretien courant du logement.
Le décret n°87-712 du 26 août 1987 liste précisément les charges locatives récupérables par le propriétaire. Le nettoyage des conduits d’évacuation y figure explicitement. Concrètement, vous devez compter entre 50 et 120 euros selon votre région et le type d’installation.
Cette règle s’applique pour tous les équipements de chauffage présents :
- Cheminées à foyer ouvert ou fermé
- Poêles à bois ou à granulés
- Chaudières à gaz, fioul ou bois
- Conduits de fumée individuels
Même si le propriétaire choisit lui-même le professionnel ramoneur, les frais vous sont refacturés. Vous devez également présenter l’attestation lors de l’état des lieux de sortie.
Les rares exceptions où le propriétaire paie
Quelques situations font basculer la responsabilité financière du côté du bailleur. Vérifiez toujours votre contrat de bail avant d’engager des frais.
Si une clause spécifique mentionne que le propriétaire prend en charge l’entretien des conduits de chauffage, vous n’avez rien à payer. Ces clauses restent rares mais existent dans certains baux.
Lors d’une première mise en location, le propriétaire doit remettre un logement en bon état d’usage, avec des conduits propres. L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 l’oblige à fournir une attestation récente au locataire entrant.
Entre deux locations, le propriétaire assure une responsabilité intermédiaire. Si le locataire sortant n’a pas fait l’entretien, le bailleur doit le faire exécuter avant l’arrivée du nouveau locataire.
Les réparations lourdes restent toujours à la charge du propriétaire. Si le professionnel détecte un problème structurel comme un conduit fissuré ou un tubage défaillant, ces travaux ne vous concernent pas.
Que risquez-vous sans attestation ?
Ne pas présenter ce document lors de votre départ peut vous coûter bien plus cher que l’intervention elle-même. Les conséquences se cumulent et touchent plusieurs aspects de votre situation.
Votre dépôt de garantie subit généralement une retenue comprise entre 50 et 120 euros. Le propriétaire peut faire exécuter le travail à vos frais et déduire la facture de votre caution. Cette retenue rallonge également le délai de restitution, qui passe de 1 mois à 2 mois maximum.
Le défaut d’entretien constitue une contravention de 3e classe. Le préfet peut vous infliger une amende allant jusqu’à 450 euros en cas de contrôle ou après un sinistre.
Votre assurance habitation peut refuser toute indemnisation en cas d’incendie si vous ne pouvez pas présenter de justificatif récent. En cas de sinistre avec propagation aux logements voisins, votre responsabilité civile est engagée.
Les risques sécuritaires dépassent largement le cadre financier. La France recense environ 10 000 intoxications au monoxyde de carbone chaque année, et plus de 5 000 feux de cheminée. Un conduit mal entretenu accumule de la suie inflammable et du bistre. Le monoxyde de carbone, gaz inodore et invisible, tue sans prévenir en cas de mauvaise évacuation.
Comment obtenir votre attestation avant de partir ?
La démarche demande un peu d’organisation, mais elle reste simple si vous vous y prenez au bon moment. Suivez ces étapes pour éviter tout stress de dernière minute.
Faites appel à un professionnel qualifié
Seul un ramoneur certifié peut vous délivrer une attestation valide. Les interventions réalisées par vos soins n’ont aucune valeur légale, même si le conduit est parfaitement propre.
Vérifiez les qualifications du professionnel avant de prendre rendez-vous. Les certifications Qualibat, OPQCB ou l’inscription à la chambre des métiers garantissent son habilitation. Demandez plusieurs devis pour comparer les tarifs :
- En zone rurale : 50 à 80 euros généralement
- En ville moyenne : 70 à 100 euros en moyenne
- En grande agglomération : 90 à 120 euros couramment
Le ramoneur inspecte d’abord vos conduits avec des équipements spécifiques comme une caméra. Il procède ensuite au nettoyage mécanique à l’aide de brosses spéciales appelées hérissons. Après vérification, il vous remet l’attestation officielle comportant tous les éléments obligatoires : date d’intervention, adresse du logement, type d’installation, état du conduit, coordonnées et cachet de l’entreprise.
Quand planifier l’intervention
Le timing conditionne votre tranquillité d’esprit. Planifiez l’opération environ 1 mois avant votre départ. Cette anticipation vous laisse une marge de manœuvre si le professionnel n’a pas de disponibilité immédiate.
L’attestation doit dater de moins de 3 mois pour l’état des lieux de sortie. Certains propriétaires acceptent un an, mais mieux vaut ne pas prendre de risque. Si vous programmez l’intervention trop tôt, vous risquez qu’elle soit considérée comme périmée le jour J.
Évitez septembre, octobre et novembre si possible. Ces mois correspondent à la période de rush, juste avant la saison de chauffe. Les délais d’attente s’allongent considérablement. Privilégiez plutôt avril ou mai, après l’hiver, quand les professionnels ont plus de disponibilités.
Le jour de l’état des lieux de sortie, présentez l’original et remettez une copie au propriétaire ou à l’agent immobilier. Demandez explicitement que la remise du document soit mentionnée dans le compte-rendu : « Le locataire a fourni une attestation datée du [DATE], remise ce jour ».
Prenez une photo de cette mention dans le compte-rendu signé. Conservez également une copie scannée pour vous. Ces précautions vous protègent en cas de litige ultérieur.
Que faire si vous n’avez jamais utilisé la cheminée ?
Cette situation concerne de nombreux locataires, notamment en appartement où la cheminée sert davantage de décoration. La loi ne fait pourtant pas de distinction.
En théorie, le règlement sanitaire départemental impose un nettoyage régulier de tous les conduits présents, qu’ils aient servi ou non. Un conduit inutilisé peut accumuler des débris ou des nids d’oiseaux qui bloquent l’évacuation.
Dans les faits, si vous pouvez prouver que l’installation n’a jamais fonctionné pendant votre location, certains propriétaires acceptent de ne pas exiger l’attestation. Les photos prises lors de l’état des lieux d’entrée et de sortie, montrant l’équipement inutilisé, constituent des preuves recevables.
La négociation reste possible avec votre bailleur. Contactez-le dès l’annonce de votre départ pour expliquer la situation. Proposez-lui de constater ensemble que l’installation n’a pas servi. Certains propriétaires pragmatiques comprennent qu’un nettoyage dans ces conditions relève plus de la formalité.
Si votre propriétaire reste inflexible, vous avez deux options. Soit vous acceptez de payer les 50 à 120 euros pour sécuriser votre caution, soit vous prenez le risque d’une retenue équivalente. Le coût reste inférieur aux tracas d’un litige.
Dans tous les cas, gardez une trace écrite de tous vos échanges. Un simple SMS ou un email confirmant votre bonne foi peut faire toute la différence en cas de désaccord persistant.


